REVUE DE PRESSE MÉDICALE ET SCIENTIFIQUE

Par le Docteur Christophe de JAEGER

septembre 2017

Association entre sulfate de DHEA et Densité Minérale osseuse

La déhydroépiandrostérone (DHEA) est une hormone stéroïdienne anabolisante produite à partir du cholestérol par les glandes surrénales. Dans l'organisme, elle  sert à la synthèse d'autres hormones, telles que l'oestrogène ou la testostérone. Sa production atteint un sommet vers 20 ans, puis les taux sériques diminuent progressivement. À 60 ans, le corps produit à peine 15 % à 20 % de la DHEA qu'il produisait à 20 ans, ayant fait suspecter son rôle dans le processus du...
La déhydroépiandrostérone (DHEA) est une hormone stéroïdienne anabolisante produite à partir du cholestérol par les glandes surrénales. Dans l'organisme, elle  sert à la synthèse d'autres hormones, telles que l'oestrogène ou la testostérone. Sa production atteint un sommet vers 20 ans, puis les taux sériques diminuent progressivement. À 60 ans, le corps produit à peine 15 % à 20 % de la DHEA qu'il produisait à 20 ans, ayant fait suspecter son rôle dans le processus du vieillissement. La DHEA intervient également dans le métabolisme osseux. Quelques études antérieures avaient évoqué le rôle de la DHEA sur la densité minérale osseuse des femmes ménopausées. Ce rôle semble plus discuté chez l’homme. Une équipe Coréenne de Séoul a étudié la relation entre taux sériques de DHEA et densité minérale osseuse (ostéodensitométrie par DEXA) chez 294 sujets sains (155 hommes, 139 femmes, âge moyen 54,9 ± 11 ans), dont 154 ont eu un suivi longitudinal annuel durant au moins 4 ans. Les résultats montrent l’existence d’une corrélation positive entre les taux de DHEA et la densité minérale osseuse, surtout au niveau du col fémoral, quel que soit le sexe, selon le coefficient de corrélation de Pearson et en analyse de régression multiple. Ainsi, des taux élevés de DHEA circulants sont corrélés à une forte densité minérale osseuse, réduisant le risque fracturaire. Ce type d’étude ne permet pas d’établir de lien de causalité, justifiant des études interventionnelles.   REFERENCE: Park SG, Hwang S, Kim JS, Park KC, Kwon Y, Kim KC. The Association between Dehydroepiandrosterone Sulfate (DHEA-S) and Bone Mineral Density in Korean Men and Women. J Bone Metab. 2017; 24: 31-36.    Par le Docteur Christophe de JAEGER
La déhydroépiandrostérone (DHEA) est une hormone stéroïdienne anabolisante produite à partir du cholestérol par les glandes surrénales. Dans l'organisme, elle  sert à la synthèse d'autres hormones, telles que l'oestrogène ou la testostérone. Sa production atteint un sommet vers 20 ans, puis les taux sériques diminuent progressivement. À 60 ans, le corps produit à peine 15 % à 20 % de la DHEA qu'il produisait à 20 ans, ayant fait suspecter son rôle dans le processus du vieillissement. La DHEA intervient également dans le métabolisme osseux.
Quelques études antérieures avaient évoqué le rôle de la DHEA sur la densité minérale osseuse des femmes ménopausées. Ce rôle semble plus discuté chez l’homme. Une équipe Coréenne de Séoul a étudié la relation entre taux sériques de DHEA et densité minérale osseuse (ostéodensitométrie par DEXA) chez 294 sujets sains (155 hommes, 139 femmes, âge moyen 54,9 ± 11 ans), dont 154 ont eu un suivi longitudinal annuel durant au moins 4 ans.
Les résultats montrent l’existence d’une corrélation positive entre les taux de DHEA et la densité minérale osseuse, surtout au niveau du col fémoral, quel que soit le sexe, selon le coefficient de corrélation de Pearson et en analyse de régression multiple. Ainsi, des taux élevés de DHEA circulants sont corrélés à une forte densité minérale osseuse, réduisant le risque fracturaire. Ce type d’étude ne permet pas d’établir de lien de causalité, justifiant des études interventionnelles.
 
REFERENCE: Park SG, Hwang S, Kim JS, Park KC, Kwon Y, Kim KC. The Association between Dehydroepiandrosterone Sulfate (DHEA-S) and Bone Mineral Density in Korean Men and Women. J Bone Metab. 2017; 24: 31-36. 
 
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Intérêt des ateliers cognitifs chez les patients ayant des troubles de la mémoire

Un trouble cognitif est une altération des fonctions cérébrales responsable de troubles de la mémoire, de la perception, un ralentissement de la pensée et des difficultés à la résolution de problèmes. Certains troubles cognitifs constituent les premiers signes d’évolution vers une démence de type Alzheimer. De par leur fréquence, leur risque évolutif et leur retentissement dans la vie quotidienne, les troubles cognitifs constituent un véritable problème de santé public. Une équipe Italienne, du...
Un trouble cognitif est une altération des fonctions cérébrales responsable de troubles de la mémoire, de la perception, un ralentissement de la pensée et des difficultés à la résolution de problèmes. Certains troubles cognitifs constituent les premiers signes d’évolution vers une démence de type Alzheimer. De par leur fréquence, leur risque évolutif et leur retentissement dans la vie quotidienne, les troubles cognitifs constituent un véritable problème de santé public. Une équipe Italienne, du centre de recherche d’Ancona, a évalué l’intérêt de la prise en charge non médicamenteuse par ateliers cognitifs, de personnes âgés de 65 ans et plus issus de 3 groupes : patients ayant une maladie d’Alzheimer modérée (groupe AD),  patients ayant des troubles cognitifs légers ou MCI selon les critères de Petersen (Mild Cognitive Impairement : changement cognitif chez la personne âgée qui serait intermédiaire entre le vieillissement cognitif dit « normal » et la « démence » qui constitue le risque évolutif majeur du MCI) (groupe MCI) et sujets sains, se plaignant de troubles mnésiques sans démence ni MCI (groupe SC). Au total, 321 sujets âgés issus de ces 3 populations ont été inclus et randomisés ateliers cognitifs (expérimental interventionnel - EI) ou aucune intervention (contrôle - SI) pour chacun des 3 groupes. Dans le groupe AD, 51 patients ont été tirés EI et 50 sans intervention (SI). Dans le groupe MCI, 54 étaient EI et 55 SI. Enfin dans le groupe des sujets sains (SC), 55 étaient EI et 56 SI. Les ateliers cognitifs étaient réalisés par des professionnels, sous forme de 10 sessions de 90 minutes chacune, une fois par semaine portant notamment sur la mémoire de travail, l’attention, l’apprentissage, les moyens mnémotechniques. 292 patients ont été analysés. En analyse multivariée, les résultats montrent qu’il existe une amélioration significative des bilans cognitifs (MMSE : Mini Mental State Examination, ADAS : Alzheimer’s Disease Assessment Scale; GDS : Geriatric Depression Scale; IADL : Instrumental Activities of Daily Living; MAC-Q : Memory Assessment Complain Questionnaire, PSS : Perceived Stress Scale, blocs de Corsi pour mesurer la composante visuo-spatiale de la mémoire de travail, fluence verbale . . .) pour tous les patients des 3 groupes ayant réalisé des ateliers cognitifs (EI) pour rapport aux sujets contrôles (SI) de chaque groupe. On observait notamment une amélioration de l’échelle ADAS chez les patients Alzheimer et du retentissement sur la vie quotidienne par l’échelle IADL. Ces résultats montrent l’intérêt d’une prise en charge des troubles cognitifs et notamment mnésiques par une intervention non médicamenteuse, quelle que soit la pathologie sous-jacente, y compris de simples plaintes de troubles de mémoire chez le sujet sain.   REFERENCE: Giuli C, Papa R, Lattanzio F, Postacchini D : The Effects of Cognitive Training for Elderly: Results from My Mind Project. Rejuvenation Research 2016, 19 (6): 485-494.   Par le Docteur Christophe de JAEGER
Un trouble cognitif est une altération des fonctions cérébrales responsable de troubles de la mémoire, de la perception, un ralentissement de la pensée et des difficultés à la résolution de problèmes. Certains troubles cognitifs constituent les premiers signes d’évolution vers une démence de type Alzheimer. De par leur fréquence, leur risque évolutif et leur retentissement dans la vie quotidienne, les troubles cognitifs constituent un véritable problème de santé public.
Une équipe Italienne, du centre de recherche d’Ancona, a évalué l’intérêt de la prise en charge non médicamenteuse par ateliers cognitifs, de personnes âgés de 65 ans et plus issus de 3 groupes : patients ayant une maladie d’Alzheimer modérée (groupe AD),  patients ayant des troubles cognitifs légers ou MCI selon les critères de Petersen (Mild Cognitive Impairement : changement cognitif chez la personne âgée qui serait intermédiaire entre le vieillissement cognitif dit « normal » et la « démence » qui constitue le risque évolutif majeur du MCI) (groupe MCI) et sujets sains, se plaignant de troubles mnésiques sans démence ni MCI (groupe SC). Au total, 321 sujets âgés issus de ces 3 populations ont été inclus et randomisés ateliers cognitifs (expérimental interventionnel - EI) ou aucune intervention (contrôle - SI) pour chacun des 3 groupes.
Dans le groupe AD, 51 patients ont été tirés EI et 50 sans intervention (SI). Dans le groupe MCI, 54 étaient EI et 55 SI. Enfin dans le groupe des sujets sains (SC), 55 étaient EI et 56 SI.
Les ateliers cognitifs étaient réalisés par des professionnels, sous forme de 10 sessions de 90 minutes chacune, une fois par semaine portant notamment sur la mémoire de travail, l’attention, l’apprentissage, les moyens mnémotechniques.
292 patients ont été analysés. En analyse multivariée, les résultats montrent qu’il existe une amélioration significative des bilans cognitifs (MMSE : Mini Mental State Examination, ADAS : Alzheimer’s Disease Assessment Scale; GDS : Geriatric Depression Scale; IADL : Instrumental Activities of Daily Living; MAC-Q : Memory Assessment Complain Questionnaire, PSS : Perceived Stress Scale, blocs de Corsi pour mesurer la composante visuo-spatiale de la mémoire de travail, fluence verbale . . .) pour tous les patients des 3 groupes ayant réalisé des ateliers cognitifs (EI) pour rapport aux sujets contrôles (SI) de chaque groupe. On observait notamment une amélioration de l’échelle ADAS chez les patients Alzheimer et du retentissement sur la vie quotidienne par l’échelle IADL.
Ces résultats montrent l’intérêt d’une prise en charge des troubles cognitifs et notamment mnésiques par une intervention non médicamenteuse, quelle que soit la pathologie sous-jacente, y compris de simples plaintes de troubles de mémoire chez le sujet sain.
 
REFERENCE: Giuli C, Papa R, Lattanzio F, Postacchini D : The Effects of Cognitive Training for Elderly: Results from My Mind Project. Rejuvenation Research 2016, 19 (6): 485-494.
 
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Des activateurs de la télomèrase augmentent la longueur des télomères chez l’homme et pourraient agir sur la durée de vie

A chaque fois qu’une cellule se divise, la taille de ses chromosomes se raccourcit, ce qui impacte directement sur la durée de vie d’un sujet, ce que l’on appelle l’horloge biologique. Ce raccourcissement est lié à la présence des télomères, à chaque extrémité des molécules d’ADN. Les télomères sont de courtes séquences d'ADN répétées plusieurs milliers de fois. Elles prolongent les chromosomes et leur assurent une protection fonctionnelle contre les effets du temps et de l'...
A chaque fois qu’une cellule se divise, la taille de ses chromosomes se raccourcit, ce qui impacte directement sur la durée de vie d’un sujet, ce que l’on appelle l’horloge biologique. Ce raccourcissement est lié à la présence des télomères, à chaque extrémité des molécules d’ADN. Les télomères sont de courtes séquences d'ADN répétées plusieurs milliers de fois. Elles prolongent les chromosomes et leur assurent une protection fonctionnelle contre les effets du temps et de l'environnement. Mais à chaque division cellulaire (dont le nombre maximum oscille entre 60 et 100 selon la cellule), la longueur des télomères diminue. Leur raccourcissement est un phénomène naturel qui témoigne de notre vieillissement cellulaire. Les télomères apparaissent donc comme les témoins de cette action délétère du temps sur notre organisme. Plus les télomères sont courts et plus la cellule (et donc l‘organisme) est en fin de vie (cellules sénescentes). Les télomères agissent comme une horloge biologique régissant la durée de vie des cellules. Ainsi, à sa conception, un humain a des télomères d’une longueur moyenne de 15 000 bases. Cette longueur baisse alors progressivement à hauteur de 100 bases par division cellulaire, soit 10 000 bases à la naissance de l’individu. Une fois les cellules entrées en phase sénescente, une personne souffre et meurt de vieillesse. Cependant, une enzyme physiologique, la télomérase, découverte par Elizabeth Blackburn et Carol Greider en 1985, permet d’améliorer la longueur d’un chromosome par son action sur les télomères. Les télomérases assurent la synthèse et la croissance des télomères. La télomérase intervient également dans la prolifération, la protection contre l'apoptose, la différenciation et la réparation de l'ADN. À la suite de ces découvertes, quelques petites molécules activatrices de la télomérase ont été développées pour le traitement du vieillissement cellulaire. Certaines sont extraites de l'astragale (Astragalus membranaceus), plante médicinale Chinoise traditionnelle. Il s’agit notamment de la molécule TA-65 (cycloastragenol) dérivée de la racine de la plante astragale et utilisée comme complément alimentaire anti-âge. Cependant, aucune étude n’a été publiée à ce jour, permettant de confirmer que cette molécule induit une extension significative de la longueur des télomères ou de la durée de vie cellulaire. Des équipes Espagnoles, Américaines et le fabricant de la molécule TA ont évalué l’impact de la TA-65 sur la longueur des télomères chez des sujets sains. 117 sujets en bonne santé de 53 à 87 ans ont été randomisés placebo versus complément alimentaire TA-65 prescrit à 2 doses différentes (250 et 1.000 UI/jour) durant 1 an. La longueur des télomères a été réalisée par technique standard d’hybridation in situ sur cellules mononucléées sanguines prélevées lors des bilans sanguins à 3, 6, 9 et 12 mois dans les 3 groupes. Les résultats montrent que le TA-65 à faible dose (250 UI/j) augmente la longueur des télomères à 3 mois (augmentation moyenne de 380 – 190 paires de base à M3, p = 0.005), et augmente modérément ensuite (augmentation moyenne de 530 – 180 paires de base à M12, p = 0.002). Parallèlement à 12 mois, le groupe placebo notait une perte de la longueur de télomères moyenne de 290 – 100 bp (p = 0.01). Dans le groupe TA-65 forte dose, on observait une augmentation non significative par rapport au placebo de la longueur de télomères. En dehors de l’intérêt commercial pour certains auteurs de la publication, posant toujours question sur l’objectivité des résultats ; ceux-ci sont intéressants, car c’est la première fois chez l’homme, que l’on montre que ce type de  molécule induit une extension significative de la longueur des télomères. Par contre, les gains restent modérés et il n’y a pas de résultat prouvé sur la durée de vie cellulaire.     REFERENCE: Salvador L, Singaravelu G, Harley CB, Flom P, Suram A, Raffaele JM : A Natural Product Telomerase Activator Lengthens Telomeres in Humans: A Randomized, Double Blind, and Placebo Controlled Study. Rejuvenation Research 2016, 19 (6): 478- 484.   Par le Docteur Christophe de JAEGER
A chaque fois qu’une cellule se divise, la taille de ses chromosomes se raccourcit, ce qui impacte directement sur la durée de vie d’un sujet, ce que l’on appelle l’horloge biologique.
Ce raccourcissement est lié à la présence des télomères, à chaque extrémité des molécules d’ADN.
Les télomères sont de courtes séquences d'ADN répétées plusieurs milliers de fois. Elles prolongent les chromosomes et leur assurent une protection fonctionnelle contre les effets du temps et de l'environnement. Mais à chaque division cellulaire (dont le nombre maximum oscille entre 60 et 100 selon la cellule), la longueur des télomères diminue. Leur raccourcissement est un phénomène naturel qui témoigne de notre vieillissement cellulaire.
Les télomères apparaissent donc comme les témoins de cette action délétère du temps sur notre organisme. Plus les télomères sont courts et plus la cellule (et donc l‘organisme) est en fin de vie (cellules sénescentes). Les télomères agissent comme une horloge biologique régissant la durée de vie des cellules.
Ainsi, à sa conception, un humain a des télomères d’une longueur moyenne de 15 000 bases. Cette longueur baisse alors progressivement à hauteur de 100 bases par division cellulaire, soit 10 000 bases à la naissance de l’individu. Une fois les cellules entrées en phase sénescente, une personne souffre et meurt de vieillesse.
Cependant, une enzyme physiologique, la télomérase, découverte par Elizabeth Blackburn et Carol Greider en 1985, permet d’améliorer la longueur d’un chromosome par son action sur les télomères. Les télomérases assurent la synthèse et la croissance des télomères. La télomérase intervient également dans la prolifération, la protection contre l'apoptose, la différenciation et la réparation de l'ADN.
À la suite de ces découvertes, quelques petites molécules activatrices de la télomérase ont été développées pour le traitement du vieillissement cellulaire. Certaines sont extraites de l'astragale (Astragalus membranaceus), plante médicinale Chinoise traditionnelle. Il s’agit notamment de la molécule TA-65 (cycloastragenol) dérivée de la racine de la plante astragale et utilisée comme complément alimentaire anti-âge. Cependant, aucune étude n’a été publiée à ce jour, permettant de confirmer que cette molécule induit une extension significative de la longueur des télomères ou de la durée de vie cellulaire.
Des équipes Espagnoles, Américaines et le fabricant de la molécule TA ont évalué l’impact de la TA-65 sur la longueur des télomères chez des sujets sains. 117 sujets en bonne santé de 53 à 87 ans ont été randomisés placebo versus complément alimentaire TA-65 prescrit à 2 doses différentes (250 et 1.000 UI/jour) durant 1 an. La longueur des télomères a été réalisée par technique standard d’hybridation in situ sur cellules mononucléées sanguines prélevées lors des bilans sanguins à 3, 6, 9 et 12 mois dans les 3 groupes.
Les résultats montrent que le TA-65 à faible dose (250 UI/j) augmente la longueur des télomères à 3 mois (augmentation moyenne de 380 – 190 paires de base à M3, p = 0.005), et augmente modérément ensuite (augmentation moyenne de 530 – 180 paires de base à M12, p = 0.002). Parallèlement à 12 mois, le groupe placebo notait une perte de la longueur de télomères moyenne de 290 – 100 bp (p = 0.01). Dans le groupe TA-65 forte dose, on observait une augmentation non significative par rapport au placebo de la longueur de télomères.
En dehors de l’intérêt commercial pour certains auteurs de la publication, posant toujours question sur l’objectivité des résultats ; ceux-ci sont intéressants, car c’est la première fois chez l’homme, que l’on montre que ce type de  molécule induit une extension significative de la longueur des télomères. Par contre, les gains restent modérés et il n’y a pas de résultat prouvé sur la durée de vie cellulaire.
 
 
REFERENCE: Salvador L, Singaravelu G, Harley CB, Flom P, Suram A, Raffaele JM : A Natural Product Telomerase Activator Lengthens Telomeres in Humans: A Randomized, Double Blind, and Placebo Controlled Study. Rejuvenation Research 2016, 19 (6): 478- 484.
 
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août 2017

Rôle du sucre et de l’oxydation du MIF (macrophage migration inhibitory factor) dans le développement de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est caractérisée par une dégénérescence progressive des neurones cérébraux aboutissant à une altération sévère des fonctions cognitives. La nature neurodégénérative de la maladie d’Alzheimer se traduit par des lésions histopathologiques caractéristiques qui associent les plaques séniles « PS » et les dégénérescences neurofibrillaires « DNF ». Une troisième lésion caractéristique est l’atrophie corticale. Les plaques séniles sont liées à des dépôts extracellulaires de...
La maladie d’Alzheimer est caractérisée par une dégénérescence progressive des neurones cérébraux aboutissant à une altération sévère des fonctions cognitives. La nature neurodégénérative de la maladie d’Alzheimer se traduit par des lésions histopathologiques caractéristiques qui associent les plaques séniles « PS » et les dégénérescences neurofibrillaires « DNF ». Une troisième lésion caractéristique est l’atrophie corticale. Les plaques séniles sont liées à des dépôts extracellulaires de substance amyloïde de forme sphérique. La substance amyloïde est constituée de filaments d’une protéine appelée bêta-amyloïde « peptide b-A4 ou Ab » et dont la conformation en feuillets b lui confère son caractère insoluble et probablement, sa toxicité. La substance amyloïde va tuer progressivement les neurones et en particulier ceux impliqués dans les fonctions intellectuelles « mémoire, lecture, écriture, langage, reconnaissance visuelle ». Les dégénérescences neurofibrillaires «  DNF »  débute vraisemblablement dans la région hippocampique qui est la zone pivot impliquée dans le gestion de la mémoire. Les DNF sont des écheveaux de filaments anormaux constitués notamment d’une forme hyperphosphorylée de la protéine tau, à l’intérieur des neurones, dont l’accumulation est toxique. Enfin, l’atrophie corticale joue également un rôle dans la maladie d’Alzheimer. Chez les patients atteints de maladie d’Alzheimer, le cerveau peut perdre 8 à 10 % de son poids tous les dix ans alors que chez des sujets sains cette perte n’est que de 2 %. L’atrophie corticale s’accompagne d’une perte neuronale affectant particulièrement le système cholinergique incluant les amygdales et l’hippocampe. Plusieurs maladies métaboliques chroniques sont associées à la survenue d’une maladie d’Alzheimer, notamment hyperglycémie et diabète, troubles de la glycation et stress oxydant. L’hyperglycémie et les troubles glucidiques constituent un facteur de risque connu de maladie d’Alzheimer. Une équipe de l’Université de Bath (Londres, Angleterre) a étudié le rôle de l’hyperglycémie et de la glycation des protéines sur le cerveau humain, et dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Les protéines glyquées, appelées aussi produits de glycation avancée ou AGE (Advanced Glycosylation End products), ont un rôle important dans le déterminisme des lésions cellulaires et tissulaires du diabète et du vieillissement. Les auteurs ont analysé par une nouvelle technique d’électrophorèse [fluorescent phenylboronate gel electrophoresis (Flu-PAGE)], les produits de glycation dans le cerveau de patients décédés, atteints de maladie d’Alzheimer sévère (Stades V ou VI de la classification de Braak) (N = 10), modérée (Stades III ou IV de la classification de Braak) (N = 10) et de patients décédés d’autre causes, sans maladie d’Alzheimer associée (Stades inférieurs à III de la classification de Braak) (N = 10). Les principales protéines glyquées analysées étaient la serum albumine, La protéine acide fibrillaire gliale (Glial fibrillary acidic protein ou GFAP), la Glutathione transferase, la chaîne β  de l’Hémoglobine, et le MIF (Macrophage migration inhibitory factor) ; protéines glyquées impliquées dans la littérature dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Les résultats montrent qu’il existe dans le tissu cérébral des patients atteints de maladie d’Alzheimer, notamment sévère, une accumulation significative de protéines glyquées, par rapport aux formes modérées et surtout aux sujets non Alzheimer. Cette différence était d’autant plus significative, avec la protéine MIF, cytokine majeure de l’immunité et l’inflammation. MIF joue notamment un rôle essentiel dans l’inhibition de la migration des macrophages, la stimulation des lymphocytes T et la régulation de la synthèse d’insuline. Dans le cerveau des patients Alzheimer, il existe une glycation et une oxydation très importante de la cytokine MIF. Ces modifications sont responsables d’une inhibition de l’activité de MIF et notamment de sa capacité à stimuler les cellules gliales (cellules nécessaires au soutien et la protection du tissu nerveux). Ainsi, nous comprenons mieux le lien existant entre hyperglycémie ou diabète, perturbations du système immunitaire inné et risque de développement de maladies neurodégénératives.   REFERENCE : Kassaar, O. Morais MP, Xu S, Adam EL, Chamberlain RC, Jenkins B et al. Macrophage Migration Inhibitory Factor is subjected to glucose modification and oxidation in Alzheimer’s Disease. Sci. Rep. 7, 42874; doi: 10.1038/srep42874 (2017).   Par le Docteur Christophe de JAEGER    
La maladie d’Alzheimer est caractérisée par une dégénérescence progressive des neurones cérébraux aboutissant à une altération sévère des fonctions cognitives. La nature neurodégénérative de la maladie d’Alzheimer se traduit par des lésions histopathologiques caractéristiques qui associent les plaques séniles « PS » et les dégénérescences neurofibrillaires « DNF ». Une troisième lésion caractéristique est l’atrophie corticale.
Les plaques séniles sont liées à des dépôts extracellulaires de substance amyloïde de forme sphérique. La substance amyloïde est constituée de filaments d’une protéine appelée bêta-amyloïde « peptide b-A4 ou Ab » et dont la conformation en feuillets b lui confère son caractère insoluble et probablement, sa toxicité. La substance amyloïde va tuer progressivement les neurones et en particulier ceux impliqués dans les fonctions intellectuelles « mémoire, lecture, écriture, langage, reconnaissance visuelle ».
Les dégénérescences neurofibrillaires «  DNF »  débute vraisemblablement dans la région hippocampique qui est la zone pivot impliquée dans le gestion de la mémoire. Les DNF sont des écheveaux de filaments anormaux constitués notamment d’une forme hyperphosphorylée de la protéine tau, à l’intérieur des neurones, dont l’accumulation est toxique.
Enfin, l’atrophie corticale joue également un rôle dans la maladie d’Alzheimer. Chez les patients atteints de maladie d’Alzheimer, le cerveau peut perdre 8 à 10 % de son poids tous les dix ans alors que chez des sujets sains cette perte n’est que de 2 %. L’atrophie corticale s’accompagne d’une perte neuronale affectant particulièrement le système cholinergique incluant les amygdales et l’hippocampe.
Plusieurs maladies métaboliques chroniques sont associées à la survenue d’une maladie d’Alzheimer, notamment hyperglycémie et diabète, troubles de la glycation et stress oxydant. L’hyperglycémie et les troubles glucidiques constituent un facteur de risque connu de maladie d’Alzheimer.
Une équipe de l’Université de Bath (Londres, Angleterre) a étudié le rôle de l’hyperglycémie et de la glycation des protéines sur le cerveau humain, et dans le développement de la maladie d’Alzheimer.
Les protéines glyquées, appelées aussi produits de glycation avancée ou AGE (Advanced Glycosylation End products), ont un rôle important dans le déterminisme des lésions cellulaires et tissulaires du diabète et du vieillissement.
Les auteurs ont analysé par une nouvelle technique d’électrophorèse [fluorescent phenylboronate gel electrophoresis (Flu-PAGE)], les produits de glycation dans le cerveau de patients décédés, atteints de maladie d’Alzheimer sévère (Stades V ou VI de la classification de Braak) (N = 10), modérée (Stades III ou IV de la classification de Braak) (N = 10) et de patients décédés d’autre causes, sans maladie d’Alzheimer associée (Stades inférieurs à III de la classification de Braak) (N = 10).
Les principales protéines glyquées analysées étaient la serum albumine, La protéine acide fibrillaire gliale (Glial fibrillary acidic protein ou GFAP), la Glutathione transferase, la chaîne β  de l’Hémoglobine, et le MIF (Macrophage migration inhibitory factor) ; protéines glyquées impliquées dans la littérature dans le développement de la maladie d’Alzheimer.
Les résultats montrent qu’il existe dans le tissu cérébral des patients atteints de maladie d’Alzheimer, notamment sévère, une accumulation significative de protéines glyquées, par rapport aux formes modérées et surtout aux sujets non Alzheimer. Cette différence était d’autant plus significative, avec la protéine MIF, cytokine majeure de l’immunité et l’inflammation. MIF joue notamment un rôle essentiel dans l’inhibition de la migration des macrophages, la stimulation des lymphocytes T et la régulation de la synthèse d’insuline. Dans le cerveau des patients Alzheimer, il existe une glycation et une oxydation très importante de la cytokine MIF. Ces modifications sont responsables d’une inhibition de l’activité de MIF et notamment de sa capacité à stimuler les cellules gliales (cellules nécessaires au soutien et la protection du tissu nerveux).
Ainsi, nous comprenons mieux le lien existant entre hyperglycémie ou diabète, perturbations du système immunitaire inné et risque de développement de maladies neurodégénératives.
 
REFERENCE : Kassaar, O. Morais MP, Xu S, Adam EL, Chamberlain RC, Jenkins B et al. Macrophage Migration Inhibitory Factor is subjected to glucose modification and oxidation in Alzheimer’s Disease. Sci. Rep. 7, 42874; doi: 10.1038/srep42874 (2017).
 









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Rôle du récepteur RAGE dans la survenue des cancers

La liaison entre un sucre et une protéine (liaison connue sous le nom de la « réaction de Maillard ») entraîne la formation de produits appelés “de fin de glycation des protéines” (AGEs pour Advanced Glycosylation End products). Ces  AGEs  se lient à leur récepteur RAGE à la surface des cellules et initient des voies de signalisation du stress oxydant et celles induisant une augmentation de l’expression des gènes de cytokines impliqués dans le recrutement des cellules, mais aussi l’expression...
La liaison entre un sucre et une protéine (liaison connue sous le nom de la « réaction de Maillard ») entraîne la formation de produits appelés “de fin de glycation des protéines” (AGEs pour Advanced Glycosylation End products). Ces  AGEs  se lient à leur récepteur RAGE à la surface des cellules et initient des voies de signalisation du stress oxydant et celles induisant une augmentation de l’expression des gènes de cytokines impliqués dans le recrutement des cellules, mais aussi l’expression du gène codant pour RAGE lui-même. Ce récepteur membranaire de ces produits de glycation avancée RAGE, est un récepteur multi-ligands de la superfamille des immunoglobulines. Les AGEs, particulièrement présents dans le diabète, s'accumulent dans les tissus en se fixant aux récepteurs RAGE, et favorisent une réponse inflammatoire prolongée et une libération accrue des espèces réactives de l’oxygène dans le cadre du stress oxydant, responsable des lésions tissulaires et des plaques athéromateuses notamment. Les AGEs et RAGE sont augmentés et jouent un rôle favorisant dans d’autres pathologies, notamment certains cancers, l'insuffisance rénale, le diabète et d'autres maladies cardiovasculaires. Ils favorisent le vieillissement. L’activation du RAGE est également associée à la maladie d’Alzheimer, Les auteurs font le point sur les cancers (principalement du sein, mélanome, pancréas, hépatocarcinome et colo-rectal), où il existe une hyperexpression des AGEs et surtout du récepteur RAGE. RAGE stimule l'angiogénèse et notamment la synthèse du VGEF (vascular endothelial growth factor), indispensable à la croissance et la dissémination métastatique des cancers. La protéine VGEF stimule les neurones et la fabrication de nouveaux vaisseaux sanguins (néovascularisation). RAGE stimule également la synthèse d'autres facteurs de croissance tumoraux. L'inhibition de l'expression de RAGE permet une augmentation de l'apoptose des cellules tumorales, une réduction de l'autophagie et de la survie des cellules cancéreuses. Le développement d’antagonistes de la voie RAGE aurait des effets bénéfiques sur la prévention des complications du diabète, de ces cancers et des maladies inflammatoires.   REFERENCE : Sho-ichi Yamagishi, Takanori Matsui and Kei Fukami : Role of Receptor for Advanced Glycation End Products (RAGE) and Its Ligands in Cancer Risk. Rejuvenation Research. 2015, 18 (1) : 48-56.   Par le Docteur Christophe de JAEGER    
La liaison entre un sucre et une protéine (liaison connue sous le nom de la « réaction de Maillard ») entraîne la formation de produits appelés “de fin de glycation des protéines” (AGEs pour Advanced Glycosylation End products). Ces  AGEs  se lient à leur récepteur RAGE à la surface des cellules et initient des voies de signalisation du stress oxydant et celles induisant une augmentation de l’expression des gènes de cytokines impliqués dans le recrutement des cellules, mais aussi l’expression du gène codant pour RAGE lui-même.
Ce récepteur membranaire de ces produits de glycation avancée RAGE, est un récepteur multi-ligands de la superfamille des immunoglobulines.
Les AGEs, particulièrement présents dans le diabète, s'accumulent dans les tissus en se fixant aux récepteurs RAGE, et favorisent une réponse inflammatoire prolongée et une libération accrue des espèces réactives de l’oxygène dans le cadre du stress oxydant, responsable des lésions tissulaires et des plaques athéromateuses notamment. Les AGEs et RAGE sont augmentés et jouent un rôle favorisant dans d’autres pathologies, notamment certains cancers, l'insuffisance rénale, le diabète et d'autres maladies cardiovasculaires. Ils favorisent le vieillissement. L’activation du RAGE est également associée à la maladie d’Alzheimer,
Les auteurs font le point sur les cancers (principalement du sein, mélanome, pancréas, hépatocarcinome et colo-rectal), où il existe une hyperexpression des AGEs et surtout du récepteur RAGE.
RAGE stimule l'angiogénèse et notamment la synthèse du VGEF (vascular endothelial growth factor), indispensable à la croissance et la dissémination métastatique des cancers. La protéine VGEF stimule les neurones et la fabrication de nouveaux vaisseaux sanguins (néovascularisation). RAGE stimule également la synthèse d'autres facteurs de croissance tumoraux. L'inhibition de l'expression de RAGE permet une augmentation de l'apoptose des cellules tumorales, une réduction de l'autophagie et de la survie des cellules cancéreuses.
Le développement d’antagonistes de la voie RAGE aurait des effets bénéfiques sur la prévention des complications du diabète, de ces cancers et des maladies inflammatoires.
 
REFERENCE : Sho-ichi Yamagishi, Takanori Matsui and Kei Fukami : Role of Receptor for Advanced Glycation End Products (RAGE) and Its Ligands in Cancer Risk. Rejuvenation Research. 2015, 18 (1) : 48-56.
 









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Le resvératrol, anti-oxydant du raisin, allonge la durée de vie du poisson.

A chaque fois qu’une cellule se divise, la taille de ses chromosomes se raccourcit, ce qui impacte directement sur la durée de vie d’un sujet, ce que l’on appelle l’horloge biologique. Ce raccourcissement est lié à la présence des télomères, à chaque extrémité des molécules d’ADN. Les télomères sont de courtes séquences d'ADN répétées plusieurs milliers de fois. Elles prolongent les chromosomes et leur assurent une protection fonctionnelle contre les effets du temps et de l'...
A chaque fois qu’une cellule se divise, la taille de ses chromosomes se raccourcit, ce qui impacte directement sur la durée de vie d’un sujet, ce que l’on appelle l’horloge biologique. Ce raccourcissement est lié à la présence des télomères, à chaque extrémité des molécules d’ADN. Les télomères sont de courtes séquences d'ADN répétées plusieurs milliers de fois. Elles prolongent les chromosomes et leur assurent une protection fonctionnelle contre les effets du temps et de l'environnement. Mais à chaque division cellulaire (dont le nombre maximum oscille entre 60 et 100 selon la cellule), la longueur des télomères diminue. Leur raccourcissement est un phénomène naturel qui témoigne de notre vieillissement cellulaire. Les télomères apparaissent donc comme les témoins de cette action délétère du temps sur notre organisme. Plus les télomères sont courts et plus la cellule (et donc l‘organisme) est en fin de vie (cellules sénescentes). Les télomères agissent comme une horloge biologique régissant la durée de vie des cellules. Ainsi, à sa conception, un humain a des télomères d’une longueur moyenne de 15 000 bases. Cette longueur baisse alors progressivement à hauteur de 100 bases par division cellulaire, soit 10 000 bases à la naissance de l’individu. Une fois les cellules entrées en phase sénescente, une personne souffre et meurt de vieillesse. Cependant, une enzyme physiologique, la télomérase, découverte par Elizabeth Blackburn et Carol Greider en 1985, permet d’améliorer la longueur d’un chromosome par son action sur les télomères. Les télomérases assurent la synthèse et la croissance des télomères. La télomérase intervient également dans la prolifération, la protection contre l'apoptose, la différenciation et la réparation de l'ADN. À la suite de ces découvertes, quelques petites molécules activatrices de la télomérase ont été développées pour le traitement du vieillissement cellulaire. Certaines sont extraites de l'astragale (Astragalus membranaceus), plante médicinale Chinoise traditionnelle. Il s’agit notamment de la molécule TA-65 (cycloastragenol) dérivée de la racine de la plante astragale et utilisée comme complément alimentaire anti-âge. Cependant, aucune étude n’a été publiée à ce jour, permettant de confirmer que cette molécule induit une extension significative de la longueur des télomères ou de la durée de vie cellulaire. Des équipes Espagnoles, Américaines et le fabricant de la molécule TA ont évalué l’impact de la TA-65 sur la longueur des télomères chez des sujets sains. 117 sujets en bonne santé de 53 à 87 ans ont été randomisés placebo versus complément alimentaire TA-65 prescrit à 2 doses différentes (250 et 1.000 UI/jour) durant 1 an. La longueur des télomères a été réalisée par technique standard d’hybridation in situ sur cellules mononucléées sanguines prélevées lors des bilans sanguins à 3, 6, 9 et 12 mois dans les 3 groupes. Les résultats montrent que le TA-65 à faible dose (250 UI/j) augmente la longueur des télomères à 3 mois (augmentation moyenne de 380 – 190 paires de base à M3, p = 0.005), et augmente modérément ensuite (augmentation moyenne de 530 – 180 paires de base à M12, p = 0.002). Parallèlement à 12 mois, le groupe placebo notait une perte de la longueur de télomères moyenne de 290 – 100 bp (p = 0.01). Dans le groupe TA-65 forte dose, on observait une augmentation non significative par rapport au placebo de la longueur de télomères. En dehors de l’intérêt commercial pour certains auteurs de la publication, posant toujours question sur l’objectivité des résultats ; ceux-ci sont intéressants, car c’est la première fois chez l’homme, que l’on montre que ce type de  molécule induit une extension significative de la longueur des télomères. Par contre, les gains restent modérés et il n’y a pas de résultat prouvé sur la durée de vie cellulaire.     REFERENCE: Salvador L, Singaravelu G, Harley CB, Flom P, Suram A, Raffaele JM : A Natural Product Telomerase Activator Lengthens Telomeres in Humans: A Randomized, Double Blind, and Placebo Controlled Study. Rejuvenation Research 2016, 19 (6): 478- 484.   Par le Docteur Christophe de JAEGER    
A chaque fois qu’une cellule se divise, la taille de ses chromosomes se raccourcit, ce qui impacte directement sur la durée de vie d’un sujet, ce que l’on appelle l’horloge biologique.
Ce raccourcissement est lié à la présence des télomères, à chaque extrémité des molécules d’ADN.
Les télomères sont de courtes séquences d'ADN répétées plusieurs milliers de fois. Elles prolongent les chromosomes et leur assurent une protection fonctionnelle contre les effets du temps et de l'environnement. Mais à chaque division cellulaire (dont le nombre maximum oscille entre 60 et 100 selon la cellule), la longueur des télomères diminue. Leur raccourcissement est un phénomène naturel qui témoigne de notre vieillissement cellulaire.
Les télomères apparaissent donc comme les témoins de cette action délétère du temps sur notre organisme. Plus les télomères sont courts et plus la cellule (et donc l‘organisme) est en fin de vie (cellules sénescentes). Les télomères agissent comme une horloge biologique régissant la durée de vie des cellules.
Ainsi, à sa conception, un humain a des télomères d’une longueur moyenne de 15 000 bases. Cette longueur baisse alors progressivement à hauteur de 100 bases par division cellulaire, soit 10 000 bases à la naissance de l’individu. Une fois les cellules entrées en phase sénescente, une personne souffre et meurt de vieillesse.
Cependant, une enzyme physiologique, la télomérase, découverte par Elizabeth Blackburn et Carol Greider en 1985, permet d’améliorer la longueur d’un chromosome par son action sur les télomères. Les télomérases assurent la synthèse et la croissance des télomères. La télomérase intervient également dans la prolifération, la protection contre l'apoptose, la différenciation et la réparation de l'ADN.
À la suite de ces découvertes, quelques petites molécules activatrices de la télomérase ont été développées pour le traitement du vieillissement cellulaire. Certaines sont extraites de l'astragale (Astragalus membranaceus), plante médicinale Chinoise traditionnelle. Il s’agit notamment de la molécule TA-65 (cycloastragenol) dérivée de la racine de la plante astragale et utilisée comme complément alimentaire anti-âge. Cependant, aucune étude n’a été publiée à ce jour, permettant de confirmer que cette molécule induit une extension significative de la longueur des télomères ou de la durée de vie cellulaire.
Des équipes Espagnoles, Américaines et le fabricant de la molécule TA ont évalué l’impact de la TA-65 sur la longueur des télomères chez des sujets sains. 117 sujets en bonne santé de 53 à 87 ans ont été randomisés placebo versus complément alimentaire TA-65 prescrit à 2 doses différentes (250 et 1.000 UI/jour) durant 1 an. La longueur des télomères a été réalisée par technique standard d’hybridation in situ sur cellules mononucléées sanguines prélevées lors des bilans sanguins à 3, 6, 9 et 12 mois dans les 3 groupes.
Les résultats montrent que le TA-65 à faible dose (250 UI/j) augmente la longueur des télomères à 3 mois (augmentation moyenne de 380 – 190 paires de base à M3, p = 0.005), et augmente modérément ensuite (augmentation moyenne de 530 – 180 paires de base à M12, p = 0.002). Parallèlement à 12 mois, le groupe placebo notait une perte de la longueur de télomères moyenne de 290 – 100 bp (p = 0.01). Dans le groupe TA-65 forte dose, on observait une augmentation non significative par rapport au placebo de la longueur de télomères.
En dehors de l’intérêt commercial pour certains auteurs de la publication, posant toujours question sur l’objectivité des résultats ; ceux-ci sont intéressants, car c’est la première fois chez l’homme, que l’on montre que ce type de  molécule induit une extension significative de la longueur des télomères. Par contre, les gains restent modérés et il n’y a pas de résultat prouvé sur la durée de vie cellulaire.
 
 
REFERENCE: Salvador L, Singaravelu G, Harley CB, Flom P, Suram A, Raffaele JM : A Natural Product Telomerase Activator Lengthens Telomeres in Humans: A Randomized, Double Blind, and Placebo Controlled Study. Rejuvenation Research 2016, 19 (6): 478- 484.
 









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juillet 2017

Le thé est responsable de modifications épigénétiques du gène FOXO1A, réduisant la mortalité des sujets âgés.

Notre environnement a une influence sur notre patrimoine génétique (notre génôme) par des modifications dites épigénétiques. Les sujets, et donc leurs gènes, sont en effet soumis à de nombreux facteurs environnementaux : maladies, alimentation, médicaments, toxiques, pollution, activité physique, stress, lieu et hygiène de vie, qui peuvent modifier leurs cellules et leur ADN. Ainsi, malgré des patrimoines génétiques initiaux identiques, deux jumeaux peuvent évoluer génétiquement différemment...
Notre environnement a une influence sur notre patrimoine génétique (notre génôme) par des modifications dites épigénétiques. Les sujets, et donc leurs gènes, sont en effet soumis à de nombreux facteurs environnementaux : maladies, alimentation, médicaments, toxiques, pollution, activité physique, stress, lieu et hygiène de vie, qui peuvent modifier leurs cellules et leur ADN. Ainsi, malgré des patrimoines génétiques initiaux identiques, deux jumeaux peuvent évoluer génétiquement différemment en fonction de leurs environnements respectifs. Un des principaux mécanismes responsable de l’épigénétique est la méthylation de l’ADN.  Certains gènes peuvent être « allumés » ou « éteints » par des méthylations de l’ADN et/ou des modifications des histones, ces protéines sur lesquelles s’enroule l’ADN pour former la chromatine. Ces modifications chimiques ne changent pas la séquence de l’ADN. Ainsi, la cellule reçoit en permanence toutes sortes de signaux issus de l’environnement, de manière à ce qu’elle se spécialise au cours du développement, ou ajuste son activité à la situation. Ces modifications épigénétiques peuvent être transitoires, ou définitives, persistant alors que le signal qui les a induites disparaît. Contrairement aux mutations génétiques qui sont irréversibles, le « marquage » épigénétique peut changer. Un simple changement d’environnement peut modifier le fonctionnement des gènes dont nous héritons à la naissance, et donc de notre « phénotype » La protéine humaine codée par le gène FOXO1A (chromosome 13) agit comme facteur de transcription de gènes clefs de la signalisation de l'insuline. Ce gène FOXO1A est associé à une plus grande longévité dans certaines populations Chinoises, ainsi que dans l’étude de cohorte de Framingham. Le variant FOXO1A-209 seul est lié à une surmortalité, mais lié à l’exercice physique régulier du sujet, est associée à une augmentation de la longévité. Parmi les facteurs environnementaux pouvant influencer la longévité, le thé semble réduire la mortalité par maladie cardio-vasculaire et par cancer. Le gallate d'épigallocatéchine (EGCG) est le flavanol le plus abondant du thé, connu pour être un puissant antioxydant.  L’EGCG du thé vert active l’expression du gène FOXO3A, inducteur de récepteurs aux estrogènes, permettant d’inhiber le phénotype invasif de cellules tumorales mammaires chez la souris. Une équipe internationale a étudié le rôle de certains facteurs environnementaux, et notamment la consommation de thé sur l’expression allèlique du gène FOXO1A dans une population issue de l’enquête longitudinale Chinoise Santé et Longévité. Deux cohortes de sujets de plus de 91 ans ont été évalués, l’une de 910 sujets suivie en 1998, l’autre de 1671 sujets observés en 2008-2009. Les résultats montrent que la consommation régulière de thé était statistiquement liée à certains génotypes de FOXO1A et à une augmentation significative de la longévité. Notamment, la consommation régulière de thé réduisait significativement la mortalité principalement chez les sujets de génotype FOXO1A-209, par rapport aux sujets n’ayant pas ce génotype. Le thé semble ainsi, inhiber chez l’humain âgé, le rôle négatif de ce génotype sur la mortalité. Le thé pourrait réduire l’impact négatif sur la longévité de FOXO1A-209 en inhibant son expression génomique et ses fonctions biologiques délétères. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives de recherche et de thérapeutiques, en terme d’épigénétique et de facteurs environnementaux, notamment alimentaires.   Zeng Y,  Chen H, Ni T : Interaction Between the FOXO1A-209 Genotype and Tea Drinking Is Significantly Associated with Reduced Mortality at Advanced Ages. Rejuvenation Research 2016 ; 19 : 195-203. Par le Docteur Christophe de JAEGER

Notre environnement a une influence sur notre patrimoine génétique (notre génôme) par des modifications dites épigénétiques. Les sujets, et donc leurs gènes, sont en effet soumis à de nombreux facteurs environnementaux : maladies, alimentation, médicaments, toxiques, pollution, activité physique, stress, lieu et hygiène de vie, qui peuvent modifier leurs cellules et leur ADN. Ainsi, malgré des patrimoines génétiques initiaux identiques, deux jumeaux peuvent évoluer génétiquement différemment en fonction de leurs environnements respectifs. Un des principaux mécanismes responsable de l’épigénétique est la méthylation de l’ADN.  Certains gènes peuvent être « allumés » ou « éteints » par des méthylations de l’ADN et/ou des modifications des histones, ces protéines sur lesquelles s’enroule l’ADN pour former la chromatine. Ces modifications chimiques ne changent pas la séquence de l’ADN. Ainsi, la cellule reçoit en permanence toutes sortes de signaux issus de l’environnement, de manière à ce qu’elle se spécialise au cours du développement, ou ajuste son activité à la situation. Ces modifications épigénétiques peuvent être transitoires, ou définitives, persistant alors que le signal qui les a induites disparaît. Contrairement aux mutations génétiques qui sont irréversibles, le « marquage » épigénétique peut changer. Un simple changement d’environnement peut modifier le fonctionnement des gènes dont nous héritons à la naissance, et donc de notre « phénotype »

La protéine humaine codée par le gène FOXO1A (chromosome 13) agit comme facteur de transcription de gènes clefs de la signalisation de l'insuline. Ce gène FOXO1A est associé à une plus grande longévité dans certaines populations Chinoises, ainsi que dans l’étude de cohorte de Framingham. Le variant FOXO1A-209 seul est lié à une surmortalité, mais lié à l’exercice physique régulier du sujet, est associée à une augmentation de la longévité.
Parmi les facteurs environnementaux pouvant influencer la longévité, le thé semble réduire la mortalité par maladie cardio-vasculaire et par cancer. Le gallate d'épigallocatéchine (EGCG) est le flavanol le plus abondant du thé, connu pour être un puissant antioxydant.  L’EGCG du thé vert active l’expression du gène FOXO3A, inducteur de récepteurs aux estrogènes, permettant d’inhiber le phénotype invasif de cellules tumorales mammaires chez la souris.
Une équipe internationale a étudié le rôle de certains facteurs environnementaux, et notamment la consommation de thé sur l’expression allèlique du gène FOXO1A dans une population issue de l’enquête longitudinale Chinoise Santé et Longévité. Deux cohortes de sujets de plus de 91 ans ont été évalués, l’une de 910 sujets suivie en 1998, l’autre de 1671 sujets observés en 2008-2009. Les résultats montrent que la consommation régulière de thé était statistiquement liée à certains génotypes de FOXO1A et à une augmentation significative de la longévité. Notamment, la consommation régulière de thé réduisait significativement la mortalité principalement chez les sujets de génotype FOXO1A-209, par rapport aux sujets n’ayant pas ce génotype. Le thé semble ainsi, inhiber chez l’humain âgé, le rôle négatif de ce génotype sur la mortalité. Le thé pourrait réduire l’impact négatif sur la longévité de FOXO1A-209 en inhibant son expression génomique et ses fonctions biologiques délétères. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives de recherche et de thérapeutiques, en terme d’épigénétique et de facteurs environnementaux, notamment alimentaires.
 
Zeng Y,  Chen H, Ni T : Interaction Between the FOXO1A-209 Genotype and Tea Drinking Is Significantly Associated with Reduced Mortality at Advanced Ages. Rejuvenation Research 2016 ; 19 : 195-203.
Par le Docteur Christophe de JAEGER


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Une nouvelle molécule pour faire régresser les plaques d’athérome ?

Une cyclodextrine est une molécule-cage  d’origine naturelle qui permet ’encapsuler diverses molécules. Dans l’athérosclérose, les dépôts lipidiques se transforment en cristaux de cholestérol responsables de la réaction inflammatoire avec stimulation de l’immunité innée, activation du complément, afflux de polynucléaires neutrophiles et de macrophages. Ces derniers se transforment en macrophages spumeux (gorgés de cholestérol et triglycérides) dans l'intima de l'artère, à l’origine de...
Une cyclodextrine est une molécule-cage  d’origine naturelle qui permet ’encapsuler diverses molécules. Dans l’athérosclérose, les dépôts lipidiques se transforment en cristaux de cholestérol responsables de la réaction inflammatoire avec stimulation de l’immunité innée, activation du complément, afflux de polynucléaires neutrophiles et de macrophages. Ces derniers se transforment en macrophages spumeux (gorgés de cholestérol et triglycérides) dans l'intima de l'artère, à l’origine de la plaque athéromateuse. Il n’existe à ce jour, aucun médicament capable de bloquer ces étapes précoces et cruciales de l’athérogénèse, et encore moins de les réverser. Pourtant, une possibilité simple serait de solubiliser ce cholestérol en cours de dépôt sur les parois vasculaires, et de permettre sa clearance et son catabolisme. L’ Hydroxypropyl-beta-cyclodextrine (CD) est une molécule approuvée par la FDA (Food and Drug Adminstration) Américaine, capable de solubiliser, capturer et libérer des drogues lipophiles chez le sujet humain. Dans des cellules en cultures, le CD peut solubiliser le cholestérol, favoriser son efflux des macrophages spumeux et réduire l’inflammation. Plus récemment, en 2016, Zimmer et son équipe (Zimmer S, Grebe A, Bakke SS, et al. Cyclodextrin promotes atherosclerosis regression via macrophage reprogramming. Sci Transl Med 2016) ont montré que le CD permettait de faire régresser les plaques d’athérome dans 2 modèles murins en solubilisant les cristaux de cholestérol, favorisant leur métabolisme en 27-hydroxycholesterol soluble dans l’eau et favorisant l’efflux actif et passif du cholestérol des macrophages.  Le 27-hydroxycholesterol active les gènes des récepteurs des oxystérols dénommés LXRβ et LXRα, récepteurs nucléaires liant naturellement les oxystérols et régulant le métabolisme du cholestérol et des lipides dans l'organisme ainsi que la réponse inflammatoire au niveau des macrophages. Le CD appartient donc à une nouvelle classe pharmaceutique, permettant d’inverser les phénomènes physiologiques du métabolisme du cholestérol, à l’origine des complications cardio-vasculaires athéromateuses. Cependant, son utilisation au long cours est à l’origine de complications auditives. On peut raisonnablement espérer découvrir dans un  futur proche, une molécule jumelle, dépourvu de ces inconvénients, qui permettra de faire disparaître progressivement, les plaques athéromateuses pré-existantes.   Mendelsohn AR, James W. Larrick JW : Preclinical Reversal of Atherosclerosis by FDA-Approved Compound that Transforms Cholesterol into an Anti-Inflammatory ‘‘Prodrug’’. Rejuvenation Research 2016 ; 19 : 252-255. Par le Docteur Christophe de JAEGER.
Une cyclodextrine est une molécule-cage  d’origine naturelle qui permet ’encapsuler diverses molécules.
Dans l’athérosclérose, les dépôts lipidiques se transforment en cristaux de cholestérol responsables de la réaction inflammatoire avec stimulation de l’immunité innée, activation du complément, afflux de polynucléaires neutrophiles et de macrophages. Ces derniers se transforment en macrophages spumeux (gorgés de cholestérol et triglycérides) dans l'intima de l'artère, à l’origine de la plaque athéromateuse.
Il n’existe à ce jour, aucun médicament capable de bloquer ces étapes précoces et cruciales de l’athérogénèse, et encore moins de les réverser. Pourtant, une possibilité simple serait de solubiliser ce cholestérol en cours de dépôt sur les parois vasculaires, et de permettre sa clearance et son catabolisme.
L’ Hydroxypropyl-beta-cyclodextrine (CD) est une molécule approuvée par la FDA (Food and Drug Adminstration) Américaine, capable de solubiliser, capturer et libérer des drogues lipophiles chez le sujet humain. Dans des cellules en cultures, le CD peut solubiliser le cholestérol, favoriser son efflux des macrophages spumeux et réduire l’inflammation. Plus récemment, en 2016, Zimmer et son équipe (Zimmer S, Grebe A, Bakke SS, et al. Cyclodextrin promotes atherosclerosis regression via macrophage reprogramming. Sci Transl Med 2016) ont montré que le CD permettait de faire régresser les plaques d’athérome dans 2 modèles murins en solubilisant les cristaux de cholestérol, favorisant leur métabolisme en 27-hydroxycholesterol soluble dans l’eau et favorisant l’efflux actif et passif du cholestérol des macrophages.  Le 27-hydroxycholesterol active les gènes des récepteurs des oxystérols dénommés LXRβ et LXRα, récepteurs nucléaires liant naturellement les oxystérols et régulant le métabolisme du cholestérol et des lipides dans l'organisme ainsi que la réponse inflammatoire au niveau des macrophages.
Le CD appartient donc à une nouvelle classe pharmaceutique, permettant d’inverser les phénomènes physiologiques du métabolisme du cholestérol, à l’origine des complications cardio-vasculaires athéromateuses. Cependant, son utilisation au long cours est à l’origine de complications auditives. On peut raisonnablement espérer découvrir dans un  futur proche, une molécule jumelle, dépourvu de ces inconvénients, qui permettra de faire disparaître progressivement, les plaques athéromateuses pré-existantes.
 
Mendelsohn AR, James W. Larrick JW : Preclinical Reversal of Atherosclerosis by FDA-Approved Compound that Transforms Cholesterol into an Anti-Inflammatory ‘‘Prodrug’’. Rejuvenation Research 2016 ; 19 : 252-255.
Par le Docteur Christophe de JAEGER.


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Sport : Intérêt de l’entraînement fractionné pour rester jeune

Le sport en général est reconnu pour combattre les risques liés à l'âge. L’activité physique réduit notamment considérablement les risques de diabète, de syndrome métabolique, de maladies cardio-vasculaires et certains cancers. Différents modes d’exercice sont utilisés (endurance, musculation . . .). Récemment, est apparu un type d’exercice physique particulier, l'entraînement fractionné, ou HIIT (pour high-intensity interval training). L'entraînement HIIT consiste à faire de...
Le sport en général est reconnu pour combattre les risques liés à l'âge. L’activité physique réduit notamment considérablement les risques de diabète, de syndrome métabolique, de maladies cardio-vasculaires et certains cancers. Différents modes d’exercice sont utilisés (endurance, musculation . . .). Récemment, est apparu un type d’exercice physique particulier, l'entraînement fractionné, ou HIIT (pour high-intensity interval training). L'entraînement HIIT consiste à faire de courtes périodes d’exercice intense associées à des activités plus modérées : par exemple un sprint de 10-30 secondes au milieu d'un jogging plus tranquille. Il alterne donc des périodes d’effort musculaire intense et de repos relatif. A haute intensité, le pouls monte autour de 80% de la fréquence cardiaque maximum. L’ensemble du corps est « hyper-sollicité » par ces efforts brefs (10 à 30 secondes) quelle que soit l’activité physique. Ces exercices aérobies favoriseraient les enzymes oxydatives des mitochondries, les usines énergétiques des cellules. Une équipe de la fameuse Clinique Mayo de Rochester (Minnesota) a travaillé avec des hommes et femmes, d'une part des jeunes adultes, âgés de 18 à 30 ans, et d'autre part des seniors, âgés de 65 à 80 ans. Les participants ont été répartis en trois groupes, où les âges étaient mélangés, chaque groupe suivant un type d'entraînement différent sur trois mois. Le premier groupe suivait un entraînement HIIT avec, pendant trois jours par semaine, du vélo, où les séquences intenses étaient entrecoupées de périodes de pédalage plus tranquille ; deux autres jours dans la semaine, les participants marchaient à un rythme modéré sur un tapis d'entraînement. Un second groupe suivait un entraînement de résistance ciblant les muscles deux jours par semaine. Et le dernier groupe combinait du vélo (de manière moins intense que dans le groupe HIIT) et soulevait des poids (moins souvent que dans le groupe qui travaillait sa force), cinq jours par semaine. Cet exercice combiné visait à associer les bénéfices d'un entraînement aérobie et d'un entraînement de résistance. Une biopsie musculaire était réalisée avant et après les 3 mois d’entraînement. Les auteurs ont montré que toutes les formes d'exercice amélioraient les capacités physiques et la sensibilité à l'insuline, limitant ainsi le risque de diabète. Tous les exercices favorisaient la musculature, mais l'entraînement de résistance était le meilleur pour accroître la masse musculaire et améliorer la force, qui décline généralement avec l'âge. Au niveau cellulaire, l'exercice HIIT apportait le plus de bénéfices. Les biopsies musculaires des participants ont révélé que les exercices, mais surtout l’HIIT, stimulaient la production de protéines mitochondriales, et donc les capacités oxydatives des mitochondries, ainsi que les protéines responsables de la croissance musculaire. Ceci était notamment observé chez les sujets âgés. L'entraînement HIIT permettait également une meilleure augmentation de la transcription de gènes, et augmente la quantité de tRNA et de protéines ribosomales intra-myocytaires, en particulier chez les seniors. Matthew M. Robinson, Surendra Dasari, Adam R. Konopka, Matthew L. Johnson, S. Manjunatha Raul Ruiz Esponda, Rickey E. Carter, Ian R. Lanza, K. Sreekumaran Nair : Enhanced Protein Translation Underlies Improved Metabolic and Physical Adaptations to Different Exercise Training Modes in Young and Old Humans. Cell Metab. 2017; 25 : 581-592     Par le Docteur Christophe de JAEGER
Le sport en général est reconnu pour combattre les risques liés à l'âge. L’activité physique réduit notamment considérablement les risques de diabète, de syndrome métabolique, de maladies cardio-vasculaires et certains cancers. Différents modes d’exercice sont utilisés (endurance, musculation . . .). Récemment, est apparu un type d’exercice physique particulier, l'entraînement fractionné, ou HIIT (pour high-intensity interval training). L'entraînement HIIT consiste à faire de courtes périodes d’exercice intense associées à des activités plus modérées : par exemple un sprint de 10-30 secondes au milieu d'un jogging plus tranquille. Il alterne donc des périodes d’effort musculaire intense et de repos relatif. A haute intensité, le pouls monte autour de 80% de la fréquence cardiaque maximum. L’ensemble du corps est « hyper-sollicité » par ces efforts brefs (10 à 30 secondes) quelle que soit l’activité physique. Ces exercices aérobies favoriseraient les enzymes oxydatives des mitochondries, les usines énergétiques des cellules.
Une équipe de la fameuse Clinique Mayo de Rochester (Minnesota) a travaillé avec des hommes et femmes, d'une part des jeunes adultes, âgés de 18 à 30 ans, et d'autre part des seniors, âgés de 65 à 80 ans. Les participants ont été répartis en trois groupes, où les âges étaient mélangés, chaque groupe suivant un type d'entraînement différent sur trois mois.
Le premier groupe suivait un entraînement HIIT avec, pendant trois jours par semaine, du vélo, où les séquences intenses étaient entrecoupées de périodes de pédalage plus tranquille ; deux autres jours dans la semaine, les participants marchaient à un rythme modéré sur un tapis d'entraînement. Un second groupe suivait un entraînement de résistance ciblant les muscles deux jours par semaine. Et le dernier groupe combinait du vélo (de manière moins intense que dans le groupe HIIT) et soulevait des poids (moins souvent que dans le groupe qui travaillait sa force), cinq jours par semaine. Cet exercice combiné visait à associer les bénéfices d'un entraînement aérobie et d'un entraînement de résistance. Une biopsie musculaire était réalisée avant et après les 3 mois d’entraînement.
Les auteurs ont montré que toutes les formes d'exercice amélioraient les capacités physiques et la sensibilité à l'insuline, limitant ainsi le risque de diabète. Tous les exercices favorisaient la musculature, mais l'entraînement de résistance était le meilleur pour accroître la masse musculaire et améliorer la force, qui décline généralement avec l'âge.
Au niveau cellulaire, l'exercice HIIT apportait le plus de bénéfices. Les biopsies musculaires des participants ont révélé que les exercices, mais surtout l’HIIT, stimulaient la production de protéines mitochondriales, et donc les capacités oxydatives des mitochondries, ainsi que les protéines responsables de la croissance musculaire. Ceci était notamment observé chez les sujets âgés. L'entraînement HIIT permettait également une meilleure augmentation de la transcription de gènes, et augmente la quantité de tRNA et de protéines ribosomales intra-myocytaires, en particulier chez les seniors.
Matthew M. Robinson, Surendra Dasari, Adam R. Konopka, Matthew L. Johnson, S. Manjunatha Raul Ruiz Esponda, Rickey E. Carter, Ian R. Lanza, K. Sreekumaran Nair : Enhanced Protein Translation Underlies Improved Metabolic and Physical Adaptations to Different Exercise Training Modes in Young and Old Humans. Cell Metab. 2017; 25 : 581-592
 
 

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mai 2017

Le café réduirait l’inflammation corrélée au vieillissement

L’inflammation chronique, à bas bruit, fréquemment observée chez les sujets âgés est associée à un risque plus élevé de pathologies liées au vieillissement, notamment tumorales et cardiovasculaires. Les équipes de chercheurs de l’Université de Stanford (USA) ont étudié le rôle des cytokines pro-inflammatoires, de l’inflammasome et de divers agents dans l’inflammation chronique de sujets âgés et la survenue de pathologies chroniques. Dans ce programme, des participants sains de 20 à 30 ans, et...
L’inflammation chronique, à bas bruit, fréquemment observée chez les sujets âgés est associée à un risque plus élevé de pathologies liées au vieillissement, notamment tumorales et cardiovasculaires. Les équipes de chercheurs de l’Université de Stanford (USA) ont étudié le rôle des cytokines pro-inflammatoires, de l’inflammasome et de divers agents dans l’inflammation chronique de sujets âgés et la survenue de pathologies chroniques. Dans ce programme, des participants sains de 20 à 30 ans, et des participants de plus de 60 ans, ont été étudiés chaque année par des études, des prélèvements sanguins et des examens de leurs antécédents médicaux. Cent sujets ont été analysés au final. Pour les auteurs, les métabolites circulants, ou produits de métabolisation, des acides nucléiques, peuvent déclencher avec l’âge, un processus inflammatoire chronique, en stimulant notamment l’interleukine 1béta et l’inflammasome. Cette activation de l’inflammasome et de l’IL-1b ne s’observait que chez certains sujets âgés. Etonnamment, les auteurs ont montré que ce groupe de personnes âgées sans inflammation chronique buvait beaucoup plus de café que le groupe avec activation de l’inflammasome et de l’IL-1b. les auteurs suggèrent que la caféine et ses métabolites, ainsi que la théophylline, (également présente dans le thé), et la théobromine, (également abondante dans le chocolat), réduit significativement la production d’IL-1b et l’activation de l’inflammasome NLRC4. Après avoir longtemps décrit tous les inconvénients et risques du café, on commence à mettre en évidence ses bienfaits. Mais comme tout, il faut se méfier de l’excès.   Furman D, Chang J, Lartigue L, Bolen CR, Haddad F, Gaudilliere B, Ganio EA, et coll : Expression of specific inflammasome gene modules stratifies older individuals into two extreme clinical and immunological states. Nat Med. 2017 Feb;23(2):174-184. doi: 10.1038/nm.4267. Epub 2017 Jan 16. Par le Docteur Christophe de JAEGER  
L’inflammation chronique, à bas bruit, fréquemment observée chez les sujets âgés est associée à un risque plus élevé de pathologies liées au vieillissement, notamment tumorales et cardiovasculaires.
Les équipes de chercheurs de l’Université de Stanford (USA) ont étudié le rôle des cytokines pro-inflammatoires, de l’inflammasome et de divers agents dans l’inflammation chronique de sujets âgés et la survenue de pathologies chroniques.
Dans ce programme, des participants sains de 20 à 30 ans, et des participants de plus de 60 ans, ont été étudiés chaque année par des études, des prélèvements sanguins et des examens de leurs antécédents médicaux. Cent sujets ont été analysés au final.
Pour les auteurs, les métabolites circulants, ou produits de métabolisation, des acides nucléiques, peuvent déclencher avec l’âge, un processus inflammatoire chronique, en stimulant notamment l’interleukine 1béta et l’inflammasome.
Cette activation de l’inflammasome et de l’IL-1b ne s’observait que chez certains sujets âgés.
Etonnamment, les auteurs ont montré que ce groupe de personnes âgées sans inflammation chronique buvait beaucoup plus de café que le groupe avec activation de l’inflammasome et de l’IL-1b.
les auteurs suggèrent que la caféine et ses métabolites, ainsi que la théophylline, (également présente dans le thé), et la théobromine, (également abondante dans le chocolat), réduit significativement la production d’IL-1b et l’activation de l’inflammasome NLRC4.
Après avoir longtemps décrit tous les inconvénients et risques du café, on commence à mettre en évidence ses bienfaits. Mais comme tout, il faut se méfier de l’excès.
 
Furman D, Chang J, Lartigue L, Bolen CR, Haddad F, Gaudilliere B, Ganio EA, et coll : Expression of specific inflammasome gene modules stratifies older individuals into two extreme clinical and immunological states. Nat Med. 2017 Feb;23(2):174-184. doi: 10.1038/nm.4267. Epub 2017 Jan 16.
Par le Docteur Christophe de JAEGER
 


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