Édito

Chers Collègues, Chers Confrères, Chers Amis,

La Société Française de Médecine et Physiologie de la Longévité (SFMPL) entre dans sa 16e année d’existence. À une époque où les problématiques de longévité deviennent évidentes pour tous en termes de désastres sanitaires à venir, notre vision de longévité en bonne santé doit devenir une vraie alternative à la fois à titre personnel en devenant un acteur efficace de son propre vieillissement, mais également, une source de réflexions pour nos responsables institutionnels qui la plupart du temps restent prisonniers de réalités ou de réflexes d’un autre temps. Les solutions sont dans l’innovation, l’imagination et une vision positive de l’avenir.

Un des principaux objectifs pour notre société savante est simple : regrouper tous les professionnels, toutes les compétences, tous les individus, toutes les structures réellement intéressées par la Santé et son optimisation, afin de répondre à la seule vraie question : comment faire pour reste en pleine santé le plus longtemps possible ? La santé a pour base une discipline scientifique majeure et ancienne : la physiologie. Cette discipline principalement enseignée à la faculté des sciences regroupe de nombreuses sous spécialités, comme la génétique, l’épigénétique, la physiologie cellulaire, etc…

Malheureusement, le terme de « santé » est plus que jamais, aujourd’hui, galvaudé. Et pourtant la définition donnée par l’OMS en 1946 reste d’actualité : «  La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité »*.

Mais, ce concept ne tient pas compte du vieillissement, processus classiquement considéré comme inéluctable, qui nous affecte quotidiennement en altérant notre santé. La santé doit donc être considérée comme une situation dynamique dans le temps, mieux représentée par la notion de « Capital Santé ». Cette notion est importante, car elle implique une détérioration possible, mais également une amélioration possible. Ce dernier élément est fondamental, car nous mène au concept « d’optimisation physiologique ».

En d’autres termes, nos différents systèmes physiologiques (cœur, artères, poumons, immunité…) s’altèrent avec le temps et ceci dès 18-20 ans. Progressivement, en fonction de notre patrimoine génétique, de notre mode de vie, de notre environnement… nos différents systèmes physiologiques vont donc s’affaiblir, s’altérer, se dégrader et faire naturellement le lit des maladies, qui elles-mêmes, lorsqu’elles surviennent, vont accélérer la dégradation générale.

On peut donc être un témoin passif de sa propre dégradation, qui devient patente, à partir de 50 ans, voire avant, ou bien travailler pour améliorer la qualité et les performances de nos différents systèmes physiologiques. 

Ce travail nécessite plusieurs conditions :

1/ Connaitre la physiologie humaine :
Il s’agit d’un préalable, si évident qu’il n’est malheureusement que peu vérifié. Comment un professionnel peut-il gérer la santé d’une personne s’il ne connait pas parfaitement le fonctionnement d’un corps en bonne santé. Il s’agit d’une vraie difficulté, car si les médecins en général sont parfaitement formés aux diagnostics et aux traitements des pathologies, ils ne le sont pas au fonctionnement du corps humain à travers son vieillissement normal. C’est la raison pour laquelle nous allons développer des enseignements de modules de physiologie au cours des prochains mois.

2/ Avoir les bons outils de mesure :
Toutes les spécialités médicales se sont développés à partir d’outils de mesure (la cardiologie avec l’enregistrement de l’ECG, de la pression artérielle,… la diabétologie, avec la mesure de la glycémie…). 
Avoir des techniques de mesures fiables et reproductibles des capacités fonctionnelles d’un système physiologique donné au cours du vieillissement est fondamental et incontournable : c’est ce que l’on appelle communément la mesure de l’âge physiologique d’un système ; L’importance de cette mesure est fondamentale car elle permet de mesurer la réalité fonctionnelle d’un système physiologique hors maladie. La répétition de la mesure permet également sur des périodes relativement courtes (6 à 12 mois) de contrôler l’évolution du système étudié en fonction de la prise en charge mise en place (nutritionnelle, physique, correction des déficits…). Le développement de notre médecine et physiologie de la santé et de la longévité ne peut se concevoir sans les bons outils. Toute démarche dite de santé, ou de médecine anti-âge ou autre, sans mesure physiologique n’a pas de sens et est contraire à la plus élémentaire des logiques scientifiques.

3/ Développer les bonnes stratégies d’interventions :
Une fois que l’on sait comment le corps vieillit, comment il s’altère, que l’on est capable de mesurer objectivement ces altérations, alors il convient, pour ceux qui le souhaite, d’intervenir. Cette ou ces interventions peuvent prendre de multiples aspects allant des plus simple (nutrition et exercice physique) aux plus complexes.

Mais cette nouvelle vision de ce que peut être l’avenir de l’homme va à l’encontre de nombreux siècles de croyances et d’un extraordinaire déni des réalités scientifiques d’aujourd’hui. Cela nous amène à penser également l’homme dans la nature différemment. C’est la raison pour laquelle nous réunissons régulièrement des philosophes, des psychologues, des politiques… afin de transversaliser nos approches et nos connaissances de l’homme et de penser son avenir à la fois individuel, mais collectivement différemment. Notre dernier colloque sur le thème « Les nouvelles frontières de la longévité » qui s’est tenu le 21 novembre à Paris, a été un véritable succès de par la qualité des intervenants et de par les discussions qui ont suivis. Notre prochain colloque sur cette thématique aura lieu le jeudi 1er décembre 2016 à Paris.

Une révolution est en marche. 
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Longue vie en bonne santé

Docteur Christophe de JAEGER
Président de la SFMPL

* Préambule à la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé, tel qu'adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 Etats. 1946  (Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé, n°2, p. 100) et entré en vigueur le 7 avril 1948.